LIBERTÉ
HEUREUSE
UN NOËL PARFAIT
BLUES D’HIVER
Le bleu glace d’un froid sibérien, le blanc recouvrant les gelées, j’y rêve. Et puis aussi la couleur des ciels de janvier qui donnent larmes de glace sous les cils. Teinte d’hiver de congelée, engelures aux joues, engelures aux pieds. Vison de ce bleu avec ce jaune, de cette neige ivoirienne rongeant la rétine. Je mets tous cela dans le vieux coffre en bois de la chambre qui sent le cèdre et l’huile épicée. Qui sent toi. Ranger ces souvenirs de temps et de tempêtes révolues. Tu le sais toi où se pousse la chute des degrés? Dis-le-moi.
SANS ARBRE
«Il y a toujours eu des grands espaces blancs dans ma vie. Des passages à vide qui se fondent dans une solitude immonde.» Lui dit-elle avant de prendre sa spatule et d’étaler un carreau albâtre sur la toile. Elle peignait des avalanches de vides, des lieux anaérobiques identiques à ceux de son enfance. Elle peignait la mer, l’amer, la mère. Et quand ce mouvement se produisait en elle, sa cervelle s’émoussait sans contrainte, surgissait les plaines, les champs, les océans et puis enfin les mugissements du vent.
MA LIBRAIRIE
J’aime les librairies avec de vieilles lattes de bois qui craquent. Ma préférée sentait le vieux papier humide, le livre mouillé. Elle se situait dans la Basse-Ville de Québec. Maintenant j’ai oublié son nom mais je me souviens que l’on achetait de l’odeur à cet endroit. Un plus non négligeable car encore aujourd’hui je peux faire rouler des pages sous mon nez et y être encore. Là-bas, on avait le fumet de tous les sous-sols du monde entier. Je me souviens aussi que le classement était à chier mais que ça avait le charme du voyeurisme. Un peu comme d’être en effraction dans la bibliothèque de quelqu’un et de pouvoir z’yeuter sa cervelle impunément, de se retrouver dans le tiroir à secrets.
Une fois déménagée sur l’île de béton, j’ai préféré jouer à l’infidèle. Suis demeurée volage en ne m’accrochant pas les pattes où que ce soit. Vous savez, c’est le genre d’amour qui ne passe qu’une fois.
10. ANCIENNE PUBLICITÉ
HELL TIVI
COMME UN POISSON DANS L’EAU
Tenter de recréer l’état où l’inspiration qui éjacule de tous les côtés, je ne m’y acharne jamais, impossible. La raison doit être absente, on ne peut contrôler l’état créatif, on s’y abandonne point barre. Sinon, on ne créer rien qui vient du feu intérieur, rien qui fait du sens. C’est la transe, le «subspace» de l’artiste.
LE DERNIER REPAS
UN BLANC
C’est curieux ce besoin de transgresser le silence, que nous avons. Une pulsion similaire à celle de remplir de couleurs une toile blanche. Remplir c’est se pousser, abandonner l’agitation qui nous habite le ventre, la peur du magma. Et puis parler c’est aussi fuir très loin.
BULLE
La bulle de création est un lieu de liens brisés ce qui permet de recréer tous les liens possibles ou inimaginables. C’est un espace sans attache, un vide. Une fois l’oeuvre réalisée, les nouveaux liens créer sont fins prêts à être détruit à nouveaux. C’est un lent mouvement de désorganisation et d’organisation, totalement vivant.
JOYEUSES PÂQUES!
L’ÉLOGE DE LA FUITE
Il n’y a pas de société idéale, parce qu’il n’y a pas d’hommes idéaux ou de femmes idéales pour le faire. Si une femme croit trouver dans un homme l’homme idéal, on peut dire qu’elle manque à la fois d’expérience et d’imagination, celle-ci dépendant d’ailleurs de celle-là. Pour une femme, l’homme idéal, pour un homme, la femme idéale, ne peuvent être par définition qu’une construction imaginaire, limitée à leurs connaissances, enfermée dans leur «culture». Plus celles-ci s’accroissent, plus l’homme idéal ou la femme idéale deviennent difficiles à rencontrer. Car cette culture n’est pas seulement faite de concepts. Elle est faite aussi de tout ce que les mots ne pourront jamais traduire. La fleur du désir ne peut être cultivée que sur l’humus de l’inconscient, qui s’enrichit chaque jour des restes fécondants des amours mortes et de celles, imaginées, qui ne naîtront jamais.» [ Henri Laborit ]







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